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CATALOG ICOANE BORLEAN
 
sf_gheorghe M   izgonirea_din_ rai  
Sfântul Gheorghe (45x50cm )   Alungarea din Rai (45 x 50cm)  
Adam şi Eva ( 40 X 45 ) cm
 
isus_via   constanti_elena   rastignirea
Isus cu viţa de vie (29x34cm)   Sf. Împăraţi Constantin cu Elena (29x34cm)   Răstignirea lui Isus (34x39cm)
 
buna_vestire   Gabriel   Luca
Buna Vestire (25x30cm)   Arhanghelul Gavril (25x30cm)   Apostolul Luca (22x25cm)
 
calendarul   invierea   mucenicii
Calendarul creştin (67x73cm)   Icoana Învierii (66x73cm)   Icoana Sfinţilor Mucenici (67x73cm)
linierosie
 
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CONTEXT EUROPEEN DU ARTES    
Marc VANHOVE*
Aux yeux du visiteur pressé, les œuvres présentées ici apparaitront inévitablement « datées ». Cette impression d'anachronisme ou de « déjà vu » résulte de l'histoire et de la tradition qui sont les nôtres. Depuis un siècle et même davantage, l'art moderne (Cubisme, Fauvisme, Futurisme, Suprématisme, Constructivisme, Expressionnisme, Surréalisme et j'en passe) nous a en effet habitués a d'autres audaces formelles. Sans parler des avant-gardes contemporaines et de leur tradition (leur « mythe », diraient certains) de l'innovation permanente.
Au regard de cette culture, moderne, occidentale et des critères esthétiques qui sont les siens, les pratiques de Ioan Borlean paraitront forcément obsolètes. Le spectateur le plus indulgent les regardera au mieux comme de « doux anachronismes », au pire comme de simples « curiosités esthétiques ».
Pour fondé qu'il soit, ce jugement appelle toutefois des nuances. Ne serait-ce que parce que le « retard » ou la distance dont peuvent témoigner ces œuvres – distance et « retard » d'ailleurs tout relatifs – résultent eux aussi de circonstances historiques qu'il convient précisément d'analyser. A cet égard il n'est sans doute pas vain de rappeler que c'est en 1915 qu'un certain Malevitch, peintre d'origine russe, expose pour la première fois son fameux «Carré noir sur fond blanc », œuvre suprématiste d'une radicalité sans précédent. Aux critiques acerbes lui reprochant d'avoir par la délibérément renoncé a la « Beauté » (entendez : a la peinture naturaliste, alors dominante), l'intéresse répondra simplement que « jamais on ne verrait sur son carré le sourire d'une mignonne Psyché ; que ce carré ne serait jamais le matelas de l'amour ». Difficile d'être plus clair. « Quand la conscience », ajoutait-il, « aura perdu l'habitude de voir dans un tableau la représentation de coins de nature, de madones et de Venus impudente, nous verrons l'œuvre purement picturale. L'art non-objectif était né.
Les artistes russes (Malevitch, Tatline, Lissitsky, Rodchenko, Kandinsky) se situent alors à la pointe de l'avant-garde internationale. Leurs œuvres, au même titre que celles d'un Picasso, d'un Duchamp, d'un Mondrian ou d'un Matisse appartiennent de plein droit a la modernité. Ajoutons-y Strzeminski et Kobro pour la Pologne, Moholy-Nagy pour la Hongrie et Brancusi pour la Roumanie, et l'on évaluera ainsi à sa juste dimension le rôle déterminant qu'y auront joué les plasticiens d'Europe orientale.
Ce mouvement émancipateur, l'un des plus féconds depuis la Renaissance, sera malheureusement de courte durée. Apres la brève période d'euphorie postrévolutionnaire (1917-1920), période au cours de laquelle le nouveau pouvoir soviétique se montrera plutôt ouvert aux formes artistiques d'avant-garde, le coup de frein sera brutal.



Des 1921, année du lancement de la NEP (Nouvelle Politique Economique) par Lénine, une première série de mesures restrictives viennent frapper les institutions artistiques telles que mussées, académies ou salons d'art. Privées de moyens, nombre d'entre elles se voient contraintes de fermer leurs portes. Leur succèdent les « expositions d'Etat », symptôme on ne peut plus clair de la normalisation en cours.
Bien entendu, le régime stalinien ne fera qu'étendre et accélérer cette entreprise liquidatrice. Accusés de « formalisme », la plupart des grands novateurs se voient sommés de se « réformer ». Bientôt, ils n'auront plus d'autre choix que d'adapter leur art aux nouvelles priorités de l'heure (ce que firent, non sans courage et dignité, de nombreux artistes), avant d'être progressivement réduits au silence. Suivront en effet les ineptes décrets jdanoviens d'un art 'au service de l'idéologie », avec les conséquences désastreuses que l'on connait. Aux stimulantes et foisonnantes recherches des plasticiens et artistes d'avant-garde, a la formidable liberté créatrice de la première heure, succédait ainsi l'alternative sans partage du « réalisme socialiste », art pompier et rétrograde, entièrement aux ordres.
Les successeurs de Staline, on le sait, ne seront pas en reste. Aux contraintes esthétiques et idéologiques viendront s'ajouter la censure, la déportation, l'internement en asile psychiatrique et autres réjouissances du genre. Les intellectuels soviétiques ne seront par ailleurs plus les seuls à subir ces outrages. Guerre froide oblige, ces mêmes conditions prévaudront désormais dans tous les « pays frères » (entendez : d'obédience soviétique). Privés de liberté, frappés d'interdiction, la plupart des créateurs de ces pays en seront réduits a l'exil ou a la résignation. Beaucoup se résoudront au premier de ces choix. « A votre avis », ironisait un jour Paul Goma dans une lettre adressée à l'un de ses correspondants, « pourquoi les roumains tiennent-ils tant à quitter leur pays ? Et de répondre lui-même : « Ils partent parce que la Roumanie socialiste n'a pas besoin d'hommes. Mais des robots ».
C'est dans le contexte politique dut totalitarisme, autrement dit dans un climat fait en permanence de suspicion et de surveillance, d'intimidation et de répression, d'immobilisme forcé aussi, que les artistes roumains demeurés au pays durent pour leur part continuer d'exister. Mais quel sens peut avoir ce mot (« exister »), lorsqu'on est Roumain et artiste de surcroît? Ioan Borlean répondraient sans doute que pour eux, comme pour la majorité de leurs compatriotes, la question se sera essentiellement résumée a leur survie. Car survivre, ajouteront-ils, c'est de toute évidence résister.
*Le catalogue de l'Exposition de la Galerie «L'Ephémère »-Belgique-1993.
*Bibliographie – Kasimir Malevitch, « Ecrites », Paris, 1975 ; Paul Goma, « Dossier Paul Goma », Paris, 1977.

 
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MARAMUREŞ EST LE CENTRE DU MONDE
par Kosei MIYA*
Paroles d artiste
Pour moi, région du Maramures, dans les Carpates, est le centre du Monde. Le hasard m y a amène il y a plus de trente ans, et je ne cesse de la fréquenter. Ici, bat le cœur de la Romanie, et ses habitants en sont fiers. Tous les Romains, sans exception, recommandent aux voyageurs de se rendre dans le Maramures. On y rencontre des hommes vrais et chaleureux. Sans agresser la nature mais en s'harmonisant avec elle, ils vivent avec Dieu, adressent des prières a la terre et respectent le soleil. Et ce qui est étonnant est qu'ils vivent pratiquement en autarcie. Les habitants du Maramures s exclament : »le Maramures est la plus belle région de Romanie et nous sommes chauds comme du bon pain », ce qui veut dire qu'ils ont un cœur gros comme cavés gens fiers, qui plongent leurs racines dans Dieu et dans la nature, ont une profonde spiritualité. Ils élèvent des animaux, cultivent la terre et adorent le sapin comme Dieu. Croyant qui Dieu se trouvé dans la forme symétrique du sapin, avec ce bois, ils fabriquent des cercueils, des berceaux, des maisons, des meubles, des ustensiles de cuisines et des églises qui ont la forme du sapin. Autrefois, le Maramures était une région a l écart de l Europe. Elle l est restée, protégée du modernisme par les montagnes qui l entourent est pourquoi le folklore y a gardé sa pureté et s'est transmis de siècle en siècle, de génération. Certains villages disent : »Même si le pais disparait, notre village ne disparaitra pas. En revanche, si notre village disparait est la fin du Monde ». Enrésines dans leur terre, les habitants ont leur esthétique et leur philosophie propres ; un élever ou un paysan peut dire : »ce poème est simple, il a une profondeur ».



». Pour eux, l important est la vie quotidienne plus que le travail, et la vie plus encore que la vie quotidienne. Parmi ces villageois romains d origine latine, il y a donc beaucoup d'optimistes qui veulent jouir de la vie. Ils aiment s entraider et se querellent un peu. Bien que provinciaux, ils sont ouverts sur le monde. Autrement dit, ils sont fiers d'être du Maramures, de Roumanie, et d Europe et, surtout être des hommes. Vrais. À travers mes photos, je souhaite que l on découvre les expressions saines et les visages tendres de gens rares, profondément enracines dans leurs traditions, qui se manifestent par une confiance mutuelle et dans l'accueil chaleureux des étrangers. Sensible à leur
cœur et à leur attitude, je cherche la vaine beauté, et grâce a leurs traditions, je continue mes réflexions sur le devenir de la Terre. Le Maramures détient des valeurs importantes, aujourd'hui oubliées par nos contemporains, et nous met en garde contre la Civilisation qui menace les hommes. Je suis convaincue la façon de vivre de cette région de la Roumanie et l'âme de ses habitants conserve une grande signification à la veille du XXI siècle.
*Article par Kosei MIYA, « La Roumanie des quatre saisons », Paris, 1997

 
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UN HUMANISME DU TERROIR
par Denise BAZDEVANT*
C'est dans l'univers ancestral des villages qu'il faudrait pouvoir plonger pour comprendre l'art populaire de la Roumanie : dans ces hameaux de bergers adossés a la montagne le long des vallées, parmi ces bucherons cachées dans les forets, dans ces bourgades de pécheurs enfoncées dans la terre de la Dobrogea au point de se confondre avec elle, dans les bourgs de ses plaines ramassés eux-mêmes derrière de rideaux d'arbres faits de boue et des pierres, d'argile ou de bois, coiffés de chaume ou d'échandoles, de tuiles ou de roseaux, crées par le paysan avec ce que lui donne la nature et en accord avec elle
On y retrouve la maison traditionnelle basse, avec son rez-de-chaussée surélevé et sa véranda couverte d'un auvent soutenu par une élégante colonnade qui l'enveloppe d'un contraste d'ombre et de lumière plein de charme. Elle trône au milieu de son lopin de terre, entre la grange et le poulailler, une drague ici, un pressoir la, un charriot, un traîneau…tout ce qui est nécessaire pour assurer aux bêtes la nourriture, a la famille son mais et son bois pour l'hiver, a la femme le chanvre et la laine qu'elle tissera, a l'homme les outils de son travail. Ce n'est pas un abri, c'est le cadre d'une vie bâti pou celui qui l'habite.
L'on comprend que ce soit au sein de ce foyer qu'ait éclaté la génie de la race, que pour meubler – pour peupler pourrait-on dire- leur modeste cellule, au long ses interminables et sombres hiver, l'homme et la femme, dans un même élan, jouant de toutes les richesses de la couleur et de la matière que leur procurait la terre, aient laissés libre cours a leurs mains et a leur imagination.
Partout, on peut le voir, le cadre est réduit a l'essentiel, a une salle centrale- ou la famille se réunit autour de l' âtre pour reprendre les repas et dormir – et a deux petites pièces. Dans l'une est conservée la dot de la femme, ses pièces de linge et de borderie, ses objets et son métier à tisser. L'autre est réservée à la vaisselle et aux ustensiles ménagers. Mais cet intérieur rude – et même fruste – s'anime au long des années de tout un luxe de tapis tissés, jetés sur des coffres, étalés sur des banc, accrochés sur les murs, de linges brodés, de serviettes multicolores, de coussins amoncelés, empilés jusqu'au plafond sur des durs lits de planches, d'assiettes bariolées, d'émaux gras et luisants étagés sur les cloisons, de pichets, de terrines. Tout objet, si humble soit-il, devenant objet de plaisir.
Dans sa cahute le paysan roumain, ignorant et si longtemps misérable, a su dresser ainsi un décor de prince. Et ses dons exceptionnels, son instinct de variété, son invention toujours vivante ont atteint même parfois à une telle perfection que la renommée en a débordé les limites de son village.
Poteries gravées du Maramures, céramiques noires de Suceava, broderies du Banat, tapis d'Olténie ou, dans le cadre précis d'une riche bordure généralement claire, sont jetées, sur le fond d'un champ bordeaux ou vert clair, des feuilles ou des fleurs hautement stylisées, long tapis de Moldavie couverts de losanges, on ne saurait citer ici toutes les créations dont peut s'enorgueillir l'art populaire roumain. Par leur composition, mais surtout par leurs couleurs extraites la plupart du temps de végétaux ou d'écorces d'arbres qui permettent d'obtenir des nuances d'une rare beauté, par l'emploi des tons clairs elles atteignent tout a la fois a la vigueur et au raffinement.



C'est encore dans le milieu paysan qu'il faut plonger pour prendre véritablement conscience de ce qu'Henri Laugier, un des promoteurs de l'UNESCO, appelait la valeur universelle de l'art populaire roumain. On y découvre en particulier que le paysan des Carpates a porté l'architecture du bois a un degré d'originalité et d'élégance qui lui permet de rivaliser avec les plus célèbres réalisations d'Europe centrale et de Scandinavie.
Certes l'abondance des forets a mis à sa disposition un matériau admirable. Mais il a démontré de façon éclatante qu'il en comprenait toute la valeur. Il ne s'est pas contenté d'enrichir sa demeure en taillant de son couteau dans les poutres du plafond, les vantaux et les embrasures des portes ou de la grille de la cave, des dessins géométriques dont les origines remontent si loin que l'on y voit parfois le premier système de signes que l'homme ait créé. Il a aussi, grâce aux futs de la foret, marqué de grandeur son village : en ouvrant son jardin sur la rue par un véritable arc de triomphe – une immense porte cochère richement sculptée et protégée d'un auvent sous lequel s'abrite, le dimanche, toute la famille en habits de fête – il a , en effet, transformé en voie royale d'humbles chemins de terre.
Enfin, en posant sur le toit de ses minuscules églises une haute tout habillée d'échandoles et qui, prenant appui sur un ou parfois deux étages, part comme une flèche vers le ciel et domine les habitations d'alentour, il a imprimé au modeste vaisseau tout l'élan d'une foi confiante.
L'église de bois, que l'on trouvait autrefois sur tout le territoire à Gorj, patrie de Brancusi, du Banat, du Bihor, apparait surtout aujourd'hui au nord des Carpates, en Moldavie et en Bucovine. Mais les merveilleuses chapelles du Maramures, dont certaines – notamment celles de Ieud, Cuhea et Calinesti, de Surdesti et de Plopis – remontent, pense-t-on, au XIVème siècle, sont peut-être dans leur fraicheur et leur gravité les témoignages les plus émouvants qu'un voyageur puisse saisir de la Roumanie ancestrale, de ce peuple qui, trouvant sa place au sein de la nature, en étroite union avec elle, inscrivit sa vie dans un cadre chrétien.
*Bibliographié - Denise BAZDEVANT, «La Roumanie traditionnelle »

ROUMANIE
par Bernard HOULIAT*
Sensuelle et joyeusement humaine, la Roumanie est belle de sa complexité. Des Carpates au Delta du Danube géographie tourmentée abrite des milieux naturel dune grande diversité la croisée des courants qui façonnèrent l'histoire de l Europe orientale, le peuple romain a su préserver son identité. La richesse extraordinaire de l architecture religieuse reflète la foi profonde des Roumains, les seuls Latins de religion orthodoxe. Il est temps de partir a la découverte de ce pays encoure méconnu.
*Guides Roumanie par Bernard HOULIAT, «Guides Bleus Evasion », Paris, 2004.

 
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